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  • Yann Marquis

    Yann Marquis est Auteur d’essais consacrés à l’homme contemporain, à ses fragilités, ses contradictions et sa quête de sens dans un monde en constante accélération

  • Auteur

    Découvrez mes trois ouvrages, chacun conçu pour vous inspirer, vous divertir et vous accompagner dans votre parcours. Parcourez les pages de mes livres pour explorer dLe monde accélère, disperse l’attention et éloigne parfois l’homme de lui-même. L’écriture devient alors un espace de réflexion et de recentrement, une invitation à s’arrêter pour retrouver ce qui demeure essentiel. À travers la collection "Les chemins de l'essentiel" j’explore la condition humaine dans ses fragilités, ses contradictions et sa quête de sens. Chaque ouvrage cherche à mettre des mots sur ce que nous vivons souvent sans parvenir à le nommer : le poids de l’agitation, la saturation du quotidien, mais aussi l’aspiration profonde à une vie plus consciente et plus authentique.

    Ces livres ne proposent ni recettes toutes faites ni vérités imposées. Ils invitent simplement à ralentir, à observer, à questionner nos habitudes et à renouer avec cette richesse intérieure que le monde contemporain tend parfois à reléguer au second plan. Bienvenue dans un univers de réflexion, de profondeur et d’espérance, où chaque page devient une invitation à entreprendre un voyage vers l’essentiel.

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    Peintre

    Le monde accélère, sature les regards et uniformise les perceptions ! La peinture devient ici un espace de silence et de respiration. Une invitation à se détourner du tumulte pour retrouver une forme de présence à soi et au monde.À travers mes tableaux, j’explore la condition humaine dans ce qu’elle a de plus intime : ses fragilités, ses tensions, ses élans invisibles. Chaque toile est une tentative de traduire ce que les mots peinent parfois à dire une émotion, une mémoire, une sensation fugitive, un questionnement intérieur.

    Dans cet univers pictural, la couleur, la matière et la forme ne cherchent pas à représenter fidèlement le réel, mais à en révéler une dimension plus profonde, plus sensible, presque silencieuse. Elle invite à ralentir le regard, à accueillir l’imperceptible, à renouer avec une forme d’écoute intérieure souvent mise à distance par le rythme du monde contemporain. Bienvenue dans mon univers où chaque œuvre devient une porte ouverte vers l’essentiel.

    Découvir la Galerie d'Art de Yann Marquis
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    À force de vouloir tout gagner, sommes-nous en train de perdre l’essentiel ?

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    et si, à force d'avancer, nous étions en train de tout perdre ?

    Deux livres pour comprendre notre époque.

    Et peut-être retrouver une autre manière de l’habiter.

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  • COLLECTION "LES CHEMINS DE L'ESSENTIEL" & "MINDSET THEORY"

    Extraits à découvrir !

    L'HOMME SATURE L'EPUISEMENT INVISIBLE

    L’épuisement contemporain ne se présente plus sous les formes classiques de la fatigue identifiable. Il ne survient pas après un effort clairement localisable, ni à la suite d’une activité excessive immédiatement reconnaissable. Il s’installe autrement : de manière progressive, diffuse, presque silencieuse, au point de devenir difficile à distinguer du simple cours normal de l’existence. L’individu continue à fonctionner, à travailler, à interagir, à répondre aux sollicitations du quotidien, sans rupture apparente. Les journées se déroulent, les tâches s’enchaînent, les obligations sont remplies. Rien ne s’effondre, rien ne s’arrête, rien ne signale explicitement une limite franchie. Et pourtant, quelque chose en lui perd progressivement sa capacité de continuité interne. Ce n’est pas l’action qui disparaît, mais la qualité de présence dans l’action. Les gestes restent efficaces, mais ils s’accompagnent d’une diminution subtile de l’engagement intérieur. L’attention agit, mais elle s’épuise dans son propre mouvement. Ce type d’épuisement est d’autant plus difficile à percevoir qu’il coexiste avec une activité extérieure intacte. On peut être productif, réactif, socialement fonctionnel, tout en ressentant une forme de baisse intérieure difficile à nommer. Ce décalage entre fonctionnement externe et état interne constitue l’un des traits les plus caractéristiques de la fatigue contemporaine. Elle ne signale pas une rupture visible. Elle manifeste plutôt une érosion lente de la présence.

    Ce qui s’épuise progressivement n’est pas seulement la capacité à agir, mais la capacité à relier les actions entre elles dans une continuité intérieure stable. L’existence se fragmente en séquences successives, chacune possédant sa logique propre, son contexte propre, son intensité propre, mais sans toujours s’inscrire dans une unité plus large. Dans des formes plus anciennes de l’organisation quotidienne, les activités s’enchaînaient dans une continuité relativement implicite. Il existait des rythmes plus stables, des transitions plus lentes, des espaces intermédiaires permettant aux expériences de se déposer avant d’être remplacées par d’autres. Aujourd’hui, ces transitions se réduisent. Elles se compressent, se raccourcissent ou disparaissent presque entièrement. Le passage d’une activité à une autre devient immédiat, parfois sans véritable seuil perceptible. L’esprit doit alors se reconfigurer en permanence. Passer d’un contexte à un autre, d’une sollicitation à une autre, d’un registre attentionnel à un autre devient une opération continue. Cette reconfiguration permanente n’est pas neutre : elle constitue une charge invisible, rarement identifiée comme telle, mais constamment active. Elle ne se manifeste pas comme un effort ponctuel, mais comme une tension de fond. Et c’est cette tension, plus que les activités elles-mêmes, qui participe à l’érosion progressive de la continuité intérieure. Ainsi, l’épuisement ne vient pas uniquement de ce que l’on fait, mais de la manière dont on passe sans cesse d’un état à un autre sans véritable espace de repos structurel entre les deux.

    Le repos lui-même n’échappe pas à cette transformation. Il tend de plus en plus à être intégré dans la continuité générale des sollicitations plutôt qu’à constituer une véritable rupture. Il n’est plus toujours un retrait complet, mais une modulation du même régime d’attention. Même lorsque l’activité explicite cesse, l’esprit reste souvent partiellement engagé dans des flux latents : anticipation de la suite, disponibilité potentielle, traitement différé, réception possible d’informations. Le repos devient alors une zone intermédiaire plutôt qu’un véritable arrêt. Cette semi-présence empêche la reconstitution profonde des ressources internes. Le système reste en veille, même lorsqu’il semble au repos. Il se détend partiellement, mais ne se désengage pas entièrement. Le repos ne remplit plus pleinement sa fonction de recomposition. Il soulage sans restaurer complètement. Il interrompt sans transformer en profondeur. Il suspend l’activité visible, mais laisse souvent intacte l’activité interne de fond. Ce qui manque alors n’est pas simplement davantage de repos, mais la possibilité d’un retrait véritable. Un moment où la continuité des sollicitations se défait suffisamment pour permettre une recomposition intérieure réelle, non seulement un apaisement temporaire.

    L’une des caractéristiques les plus troublantes de cet épuisement est son absence de reconnaissance claire. Il ne se manifeste pas comme un événement identifiable, mais comme un état diffus qui s’installe progressivement dans le fonctionnement quotidien. Il ne déclenche pas nécessairement d’alerte, car il reste compatible avec une vie extérieure relativement stable. Les obligations sont remplies, les interactions maintenues, les performances globalement assurées. De l’extérieur, rien n’indique une rupture. L’individu continue à faire face, à gérer, à répondre, parfois avec une efficacité intacte. Mais en arrière-plan, quelque chose se contracte lentement : la capacité à se sentir pleinement disponible dans ce que l’on fait, la capacité à maintenir une unité intérieure stable, la capacité à habiter durablement une expérience sans fragmentation. Cette fatigue sans reconnaissance est particulièrement importante, car elle ne crée pas de point de bascule évident. Elle ne s’impose pas comme une crise, mais comme une normalité progressive. Elle s’intègre dans le fonctionnement quotidien jusqu’à devenir presque indistinguable de celui-ci. Là sa caractéristique la plus profonde : elle n’apparaît pas comme une exception, mais comme une continuité. Elle ne se distingue pas de la vie ordinaire ; elle devient la texture même de cette vie. Dans cette indistinction progressive entre fonctionnement et épuisement, une question demeure silencieusement ouverte : que devient une existence lorsque la fatigue cesse d’être un signal et devient simplement une manière d’être au monde ?

    L'HOMME INTERIEUR DESCENDRE EN SOI

    Rien ne change de manière spectaculaire dans l’apparence de la vie quotidienne, et pourtant quelque chose commence à se réorganiser en profondeur. Ce déplacement ne relève pas d’une décision volontaire, mais d’une fatigue subtile du mode habituel de fonctionnement, comme si la conscience cessait progressivement de se satisfaire de sa propre dispersion. Depuis longtemps, l’être humain a appris à orienter son attention vers l’extérieur de lui-même. Le monde, les autres, les activités, les responsabilités, les stimulations multiples ont constitué le tissu principal de son expérience consciente. Cette orientation n’est pas en soi une erreur, elle est même nécessaire à la vie sociale et pratique, mais elle devient problématique lorsqu’elle devient exclusive, lorsqu’elle absorbe entièrement la capacité de présence à soi. À ce moment, la conscience ne se contente plus de regarder le monde, elle s’y dissout. Le retournement commence lorsque cette dissolution cesse d’être totalement efficace. Une forme de désadhérence apparaît, non pas comme une rupture brutale, mais comme une perte progressive d’évidence. L’attention continue de se tourner vers l’extérieur, mais elle ne s’y engage plus de manière totale. Une partie de l’être reste en retrait, sans opposition, sans résistance, simplement en observation silencieuse. Cette présence en retrait constitue la première forme de stabilisation intérieure. Ce mouvement est fondamental car il introduit une inversion de direction. Ce qui était constamment projeté vers l’extérieur commence à se replier vers une perception plus interne. Non pas une fermeture au monde, mais une réorganisation de la relation au monde. Le monde cesse d’être uniquement un espace d’absorption et redevient un espace de relation consciente.

    Lorsque l’attention commence à se retourner vers l’intérieur, elle ne rencontre pas immédiatement un espace simple ou homogène. Elle découvre au contraire une structure complexe, faite de couches successives, de niveaux imbriqués, de sédimentations anciennes qui se sont accumulées au fil de l’histoire personnelle. L’être humain ne se révèle pas comme une unité immédiate, mais comme une architecture en profondeur. Les premières couches sont facilement accessibles : pensées habituelles, réactions émotionnelles, récits personnels, projections mentales. Elles constituent la surface active de la conscience. Mais en dessous, apparaissent des structures plus anciennes, plus silencieuses, parfois plus résistantes à l’observation directe. Ce sont des schémas de fonctionnement, des conditionnements intégrés, des mémoires émotionnelles non résolues, des formes de répétition qui se rejouent sans être consciemment choisies. La descente en soi ne consiste pas à forcer l’accès à ces couches, mais à maintenir une attention stable suffisamment longtemps pour qu’elles se révèlent d’elles-mêmes. Ce qui est profondément enfoui ne se laisse pas contraindre, mais il se laisse observer lorsqu’il n’est plus recouvert par l’agitation constante du mental. C’est ici que le silence intérieur devient une condition essentielle. Dans cette exploration, un phénomène particulier apparaît : ce qui semblait être une réaction spontanée se révèle comme un mécanisme structuré. Ce qui semblait être une pensée libre se révèle comme une répétition subtile. Cette prise de conscience ne doit pas être interprétée comme un jugement, mais comme une clarification. Elle permet de comprendre que l’être humain est largement traversé par des dynamiques qu’il n’a pas consciemment choisies, mais qu’il peut progressivement observer et transformer. Cette observation modifie en profondeur la relation à soi-même. L’homme ne se vit plus uniquement comme un centre d’action autonome, mais comme un champ de forces en interaction. Cette vision ne diminue pas la responsabilité, elle l’approfondit. Elle permet de voir plus clairement ce qui, en soi, agit de manière automatique et ce qui relève d’une présence plus consciente.

    Au cœur de cette descente progressive, un phénomène plus discret mais fondamental commence à se manifester : l’apparition d’un axe intérieur de cohérence. Cet axe n’est pas construit volontairement. Il n’est pas le résultat d’une organisation mentale ou d’un effort de structuration psychologique. Il est révélé par la simple persistance de l’attention. À mesure que les couches superficielles perdent leur emprise exclusive, quelque chose de plus stable devient perceptible en arrière-plan. Une continuité silencieuse traverse les variations de l’expérience. Elle n’est pas affectée par les fluctuations des pensées ou des émotions, bien qu’elle les contienne. Elle ne s’oppose pas au changement, mais elle n’est pas elle-même changeante dans son fond. Cette cohérence donne un sentiment nouveau de stabilité intérieure. Non pas une stabilité rigide ou figée, mais une stabilité vivante, capable d’accueillir les contradictions sans se fragmenter. L’homme découvre qu’il peut contenir en lui des tensions opposées sans être détruit par elles. Cette découverte transforme profondément la relation à l’expérience intérieure. Progressivement, la fragmentation perçue de l’être commence à se réduire. Les différents aspects de la personnalité cessent d’être vécus comme des entités séparées et conflictuelles, pour être perçus comme des expressions d’un même champ unifié. Cette unification n’est pas instantanée, elle est progressive, fragile, parfois réversible, mais elle marque une orientation fondamentale du chemin intérieur. Dans cette dynamique, le travail intérieur cesse d’être une lutte contre soi-même. Il devient un processus d’intégration silencieuse. Ce qui était rejeté peut être observé. Ce qui était ignoré peut être reconnu. Ce qui était dispersé peut commencer à s’organiser autour d’un centre plus stable. Ce centre n’est pas une idée, mais une expérience directe de présence.

    L'HOMME INTERIEUR LE FRERE QUE JE DEVIENS

    Dans le chemin intérieur un basculement subtil mais déterminant, où l’homme cesse progressivement de se tenir dans une posture de lutte implicite contre ce qui est, pour entrer dans une forme de compréhension plus vaste, moins réactive, moins fragmentée. Jusqu’à ce point, même lorsque la conscience s’est déjà stabilisée dans une certaine présence, subsiste encore une tendance à vouloir corriger intérieurement l’expérience, à la modifier, à la réorienter vers un idéal implicite de clarté ou d’équilibre. Cette dynamique, souvent invisible, maintient une tension discrète entre ce qui est vécu et ce qui devrait être selon une représentation intérieure. L’acceptation profonde ne consiste pas à approuver mentalement toutes les situations, ni à se résigner à ce qui est difficile, mais à reconnaître sans résistance immédiate la réalité telle qu’elle se présente dans l’instant. Cette reconnaissance n’est pas passive. Elle est au contraire une forme d’intelligence directe qui cesse de fragmenter l’expérience en jugement et contre-jugement. L’homme découvre alors que la lutte intérieure ne concerne pas uniquement les événements extérieurs, mais surtout la manière dont ils sont accueillis en lui. Cette transformation ne se produit pas par décision volontaire. Elle émerge progressivement lorsque l’énergie mobilisée pour résister commence à diminuer naturellement, souvent à la suite de nombreuses tentatives infructueuses de contrôle ou de maîtrise. L’épuisement de la résistance ouvre alors un espace nouveau, dans lequel une autre qualité de rapport au réel peut apparaître. Tant que l’homme résiste intérieurement à ce qu’il vit, une division subtile s’installe en lui. Une partie de la conscience expérimente, tandis qu’une autre juge, compare ou rejette ce qui est expérimenté. Cette division crée une tension permanente, parfois discrète, parfois plus visible, mais toujours consommatrice d’énergie. L’acceptation profonde met fin à cette fragmentation. Elle ne supprime pas les différences de perception, ni les nuances émotionnelles ou mentales, mais elle retire la nécessité de les opposer constamment à une norme intérieure implicite. Ce qui est vécu cesse d’être immédiatement classé comme acceptable ou inacceptable, positif ou négatif, avancée ou recul. Dans cet espace, l’expérience retrouve une forme d’unité. Elle n’est plus constamment divisée par un regard critique intérieur qui introduit une distance artificielle entre le vécu et sa validation. Cette unité ne signifie pas uniformité. Elle signifie absence de conflit interne inutile face à ce qui se présente.

    L’un des aspects les plus profonds de l’acceptation réside dans la capacité à accueillir une expérience sans devoir immédiatement la justifier, l’expliquer ou la transformer en récit cohérent. Le mental humain a naturellement tendance à produire des interprétations pour stabiliser ce qui est vécu. Il cherche à donner du sens, à établir des liens, à construire des explications. Cette activité est utile dans de nombreux contextes, mais elle peut devenir un obstacle lorsqu’elle intervient trop rapidement, avant même que l’expérience ait été pleinement traversée. Dans ce cas, l’interprétation remplace la perception directe, et la réalité est filtrée à travers un récit intérieur qui en modifie la texture. L’acceptation profonde introduit un espace entre l’expérience et son interprétation. Cet espace permet à l’expérience d’exister dans sa forme brute, sans être immédiatement recouverte par une construction mentale. Cette suspension temporaire du jugement ouvre un champ de perception beaucoup plus riche et nuancé. Dans cette dynamique, le rapport aux états intérieurs change profondément. Les émotions, les pensées, les sensations ne sont plus perçues comme des problèmes à résoudre ou des états à corriger, mais comme des phénomènes transitoires apparaissant dans le champ de la conscience. Cette perception modifie la relation à l’inconfort intérieur. Ce dernier n’est plus systématiquement interprété comme un signe d’erreur ou de déséquilibre, mais comme une expression temporaire d’un processus en cours. Cette relecture silencieuse diminue progressivement la charge de tension associée aux expériences difficiles. L’homme découvre qu’il peut être en présence de ses propres états sans être obligé de les transformer immédiatement. Cette non-intervention systématique permet souvent à ces états de se réguler d’eux-mêmes dans un espace de conscience moins contraint.

    L’acceptation profonde rencontre elle aussi des résistances spécifiques. L’une des plus fréquentes est la confusion entre acceptation et passivité. Le mental peut interpréter cette posture comme un abandon de responsabilité ou une forme de renoncement à l’action. Cette interprétation empêche souvent l’expérience directe de l’acceptation. Une autre résistance provient du désir de maintenir une image de soi cohérente. Certaines expériences intérieures remettent en question cette image. L’homme peut alors être tenté de rejeter ces expériences pour préserver une continuité identitaire confortable. Enfin, une résistance plus subtile consiste à accepter mentalement sans accueillir réellement. Le mental peut valider l’idée d’acceptation tout en maintenant une tension interne de refus implicite. Cette dissonance est fréquente et constitue une étape intermédiaire du processus. Lorsque l’acceptation devient plus stable, une cohérence intérieure plus vaste commence à se révéler. Les oppositions internes perdent progressivement leur intensité. Les expériences ne sont plus constamment évaluées selon des critères rigides, mais intégrées dans une compréhension plus globale du mouvement de la vie intérieure. Cette cohérence ne supprime pas les contrastes, mais elle les inclut dans un ensemble plus large. L’homme découvre qu’il peut accueillir la diversité de ses états sans se fragmenter intérieurement. Cette unité ne repose pas sur un contrôle, mais sur une capacité croissante à laisser être ce qui est. Dans cette reconnaissance, une forme de paix plus stable commence à s’installer, non comme un état figé, mais comme une qualité de relation au réel.

    LE CARNET DE ROUTE PREFACE

    Nous vivons dans un monde qui ne cesse de nous solliciter. Chaque jour apporte son flot d'informations, d'obligations, d'images, de décisions à prendre et de chemins à emprunter. Tout semble aller plus vite. Nous courons d'une tâche à l'autre, d'un écran à l'autre, d'une pensée à l'autre, jusqu'à parfois oublier la plus essentielle des rencontres : celle que nous devrions avoir avec nous-mêmes. Nous possédons davantage que les générations qui nous ont précédés, nous communiquons plus facilement, nous avons accès à une quantité presque infinie de connaissances. Pourtant, beaucoup éprouvent une étrange sensation de vide. Comme si, au milieu de cette abondance, quelque chose d'essentiel nous échappait. Comme si nous avions appris existence.


    Ce carnet est né de ceconstat. Il ne prétend nienseigner une méthode, ni délivrer une vérité universelle. Il n'apporte aucune recette miracle. Chacun porte en lui son propre chemin, ses propres questions, ses propres réponses. Personne ne peut faire ce voyage à votre place. En revanche, chacun peutchoisir de s'arrêter un instant. S'arrêter pour regardersa vie avec davantage de lucidité. S'arrêter pour distinguer l'essentiel de l'accessoire. S'arrêter pour retrouver cette voix intérieure que le tumulte du quotidien finit souvent par recouvrir. Ce carnet n'est donc pasun livre à lire d'une seule traite. Il est un compagnon de route. Un espace personnel où l'on peut écrire, réfléchir, raturer, revenir en arrière, laisser mûrir une idée, accueillir une intuition. Certaines pages demanderont quelques minutes, d'autres plusieurs jours. Prenez ce temps. Le véritable voyage n'obéit jamais à un calendrier.


    Au fil des pages, vousserez invité à explorer ce qui occupe votre esprit, à identifier ce qui vous disperse, à reconnaître ce qui nourrit réellement votre vie. Vous serez amené à interroger vos habitudes, vos priorités, vos relations, vos peurs, vos aspirations profondes. Non pour vous juger, mais pour mieux vous connaître. Car le chemin de l'essentiel commence toujours par une rencontre honnête avec soi-même. Vous découvrirez également des exercices simples, des espaces d'écriture, des questions ouvertes et des invitations à la gratitude. Rien n'est imposé. Vous êtes libre de suivre l'ordre proposé ou d'ouvrir ce carnet au hasard, selon ce que votre vie vous appelle à travailler aujourd'hui.


    L'essentiel ne se révèle pas dans les grandes démonstrations. Il apparaît souvent dans les gestes les plus simples : un silence retrouvé, une conversation sincère, une promenade sans téléphone, un pardon accordé, une présence attentive, un regard posé autrement sur le monde. C'est dans cette simplicité que se cachent les plus profondes transformations. Peut-être serez-vous surpris par certaines de vos réponses. Peut-être découvrirez-vous que ce que vous poursuiviez depuis longtemps n'était pas ce qui vous rendait réellement vivant. Peut-être, au contraire, trouverez-vous la confirmation de ce que votre cœur savait déjà sans parvenir à l'exprimer. Il n'y a ni bonnes ni mauvaises réponses. Il n'y a qu'un dialogue à renouer avec soi-même. Ce carnet est une invitation à redevenir l'artisan de sa propre existence. À choisir plutôt qu'à subir. À ralentir plutôt qu'à s'épuiser. À contempler plutôt qu'à seulement consommer. À vivre avec davantage de conscience, de liberté et de profondeur. Si, au terme de ce cheminement, vous regardez votre vie avec un peu plus de clarté, si vous accordez davantage de place à ce qui compte vraiment, si vous retrouvez le goût du silence, de la gratitude et de la présence, alors ces pages auront
    pleinement rempli leur mission. Je vous souhaite une belle route. Non pas la route qui mène toujours plus loin… Mais celle qui ramène, pas à pas, vers l'essentiel.

    LE SOUFFLE DU TEMPLE L'ACCEPTATION PROFONDE

    Le Frère que je deviens
    Je marchais sans savoir quel chemin m'appelait,
    Cherchant dans l'horizon une lumière offerte.
    Le monde m'entourait de son éclat discret,
    Mais mon âme attendait une porte entrouverte.
    Je croyaisqu'il fallait conquérir des sommets,
    Accumuler des jours, des savoirs, des victoires.
    La vie m'enseigna que les plus humbles secrets
    Naissent dans le silence où s'effacent les gloires.
    Alors je déposai mes certitudes anciennes,
    Comme on quitte un manteau devenu trop étroit.
    Je laissai le passé reprendre ses rengaines,
    Pour entendre enfin ce qui murmurait en moi.
    Une mainfraternelle éclaira mon passage,
    Sans jamais imposer la direction à suivre.
    Elle montrait seulement, au détour du voyage,
    Que l'on apprend toujours davantage à vivre.
    Le Temple m'apparut sans pierre et sans frontière ;
    Il respirait déjà dans l'espace intérieur.
    Chaque geste sincère en devenait la pierre,
    Chaque regard offert élevait sa hauteur.
    Je compris peu à peu que l'œuvre véritable
    N'était pas de bâtir un monument de plus,
    Mais d'accueillir en moi l'invisible et le stable,
    Là où le cœur devient plus simple et plus juste.
    Le Frère que je suis n'est jamais achevé ;
    Chaque aurore reprend l'ouvrage commencé.
    Le maillet du présent poursuit son œuvre secrète,
    Polissant doucement ce qui veut s'élever.
    Et lorsque vient le soir dans la paix retrouvée,
    Je ne demande plus quel sera mon destin.
    Il me suffit d'aimer la route commencée,
    Car le Frère que je deviens marche déjà en moi.

    Pensée :

    Être Frère n'est pas un titre que l'on reçoit ; c'est une manière d'habiterle monde, humblement, chaque jour.

    LE SOUFFLE DU TEMPLE LES MAINS OUVERTES

    Les mains ouvertes
    Je marchais les deux poings refermés sur ma vie,
    Craignant qu'un simple don ne m'appauvrisse un jour.
    Je croyais protéger ce que j'avais construit,
    Sans voir que je fermais la porte à l'amour.
    Mes mains portaient encore le poids des conquêtes,
    Les regrets du passé, les projets inachevés.
    Elles serraient si fort leurs fragiles défaites,
    Qu'elles ne pouvaient plus apprendre à s'élever.
    Puis le temps m'enseigna, dans sa lente sagesse,
    Que tout ce que l'on garde finit par nous lier.
    Le cœur devient plus libre en quittant ses richesses,
    Comme l'arbre en automne ose se délier.
    J'ouvris alors mes mains au souffle de la vie,
    Sans attendre en retour quelque juste salaire.
    Je découvris soudain cette étrange harmonie :
    Plus je donnais, plus grand devenait le mystère.
    Les mains d'un autre Frère croisèrent les miennes,
    Non pour guider mes pas ni choisir mon chemin,
    Mais pour dire en silence une parole ancienne :
    « Nul ne s'élève seul vers un plus grand destin. »
    Depuis, je tends les mains sans connaître l'issue,
    À celui qui chancelle autant qu'à l'inconnu.
    Chaque geste offert fait naître une vertu,
    Invisible lumière au cœur des avenues.
    Les mains savent prier lorsqu'elles se taisent,
    Elles bâtissent sans bruit des demeures de paix.
    Elles portent parfois plus qu'aucune parole,
    Lorsque l'amour discret leur confie son secret.
    Et lorsque viendra l'heure où tout devra s'effacer,
    Je ne garderai rien de ce que j'aurai pris.
    Je partirai léger, les mains grandes ouvertes,
    Comme un homme ayant fait de sa vie un merci.

    Pensée :

    Les mains ouvertes ne retiennent pas la lumière ; elles deviennent le passage par lequel elle peut circuler.

    MINDSET THEORY NOUS NE VOYONS JAMAIS LE MONDE TEL QU'IL EST

    NOUS NE VOYONS JAMAIS LE MONDE TELQU'IL EST


    Il existe une illusion quenous partageons presque tous sans jamais la remettre en question. Nous pensons regarder le monde tel qu'il est. Nous avons confiance dans nos yeux, dans nos perceptions, dans nos impressions. Ce qui apparaît devant nous nous semble évident. Nous croyons que les faits parlent d'eux-mêmes et que la réalité se présente à chacun de manière identique. Pourtant, rien n'est plus trompeur. Deux personnes assistent au même événement et en gardent des souvenirs différents.

    Deux collègues vivent la même réunion et repartent avec des interprétations opposées. Deux enfants élevés dans une même famille racontent, une fois devenus adultes, deux histoires qui semblent parfois appartenir à des mondes différents. Les faits sont les mêmes, mais le regard qui les accueille ne l'est jamais. Nous ne vivons pas uniquement dans le monde. Nous vivons dans la représentation que nous nous en faisons. Cette représentation se construit dès les premiers instants de notre existence. Chaque expérience laisse une empreinte. Chaque joie confirme certaines attentes. Chaque blessure crée une vigilance nouvelle. Sans même en avoir conscience, nous élaborons une manière particulière d'habiter la réalité. Peu à peu, elle devient si familière que nous finissons par la confondre avec la réalité elle-même. Le regard cesse d'être une ouverture. Il devient une répétition. Lorsqu'une personne nous déçoit une fois, nous commençons à chercher les signes qui confirmeront cette déception. Lorsque nous nous croyons incapables, nous remarquons davantage nos échecs que nos progrès. Lorsque nous sommes persuadés que le monde est hostile, nous accordons une attention particulière à tout ce qui semble confirmer cette conviction. Inversement, celui qui cultive la confiance perçoit plus facilement les gestes de solidarité, les occasions de grandir et les rencontres inattendues.

    Notre regard sélectionne bien davantage qu'il ne reçoit. Chaque journée nous présente des milliers de détails. Nous n'en retenons qu'une infime partie. Cette sélection n'est pas le fruit du hasard. Elle dépend de ce que nous considérons, souvent inconsciemment, comme important. Nous remarquons ce qui rejoint nos préoccupations du moment. Celui qui attend une mauvaise nouvelle perçoit les moindres signes d'inquiétude. Celui qui tombe amoureux découvre soudain une beauté qu'il n'avait jamais remarquée. Celui qui devient parent voit le monde autrement que la veille de la naissance de son enfant. La réalité demeure la même. Le regard s'est déplacé. Voilà pourquoi un changement intérieur possède une force immense. Nous imaginons souvent que la transformation consiste à modifier notre environnement. Nous changeons de ville, de métier, d'activités ou de relations en espérant trouver enfin la paix. Ces changements peuvent être nécessaires. Ils ouvrent parfois des possibilités nouvelles. Mais ils ne suffisent pas toujours. Il arrive que nous emportions avec nous la même manière de regarder. Alors les mêmes difficultés réapparaissent sous d'autres formes. Les lieux changent, les visages changent, les circonstances changent, mais le regard reste identique. Nous continuons à interpréter le monde selon les mêmes habitudes, les mêmes peurs et les mêmes attentes. La véritable nouveauté ne réside pas seulement dans ce qui est vu. Elle naît dans celui qui regarde.

    Cette idée traverse discrètement l'histoire de la pensée humaine. Les sages de toutes les traditions ont compris que la liberté commence lorsque nous cessons de croire que notre première perception est la seule possible. Le regard devient alors un chemin d'humilité. Il accepte de reconnaître qu'il peut se tromper, qu'il peut s'élargir, qu'il peut apprendre. C'est une découverte exigeante. Elle nous oblige à renoncer à une forme de confort. Il est rassurant de croire que nous avons raison, que notre lecture des événements est la bonne, que notre jugement est définitif. Accepter que notre regard soit partiel demande du courage.

    Pourtant, c'est précisément cette ouverture qui rend possible toute croissance intérieure. Apprendre à regarder n'est donc pas un exercice réservé aux artistes, aux philosophes ou aux contemplatifs. C'est une discipline de chaque jour. Elle commence lorsque nous ralentissons suffisamment pour observer avant de conclure, écouter avant de répondre, comprendre avant de juger. Nous découvrons alors que le monde possède une profondeur que nos habitudes avaient fini par masquer. Un visage devient plus qu'une apparence. La vie reprend une épaisseur que la précipitation nous avait fait oublier. Peut-être est-ce cela, finalement, regarder. Non pas accumuler des images. Mais laisser la réalité nous transformer. Car le regard véritable ne se contente pas de révéler le monde. Il révèle celui que nous sommes en train de devenir.

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  • Yann Marquis Exposition
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    Membre du réseau Maillon d'Art

    Chaque créateur, chaque auteur est un maillon d’une même chaîne créative : ensemble, nous partageons nos talents, nos expériences et notre passion pour faire grandir l’art.

    Maillon d’Art est une association d’entraide entre artistes

    Née de la conviction que la création s’épanouit davantage lorsqu’elle est portée par le partage et la solidarité. Peintres, sculpteurs, photographes, écrivains, illustrateurs ou créateurs de toutes disciplines y trouvent un espace d’échange où chacun peut avancer à son rythme, enrichi par l’expérience et le regard des autres.
    L’association favorise les rencontres, les conseils, les collaborations et la mise en valeur des œuvres. Elle encourage les artistes à sortir de leur isolement, à développer leur visibilité et à vivre pleinement leur passion dans un esprit de bienveillance et de respect mutuel.
  • Les ouvrages des Éditions YAMA font l’objet d’un dépôt légal auprès de la KBR (Bibliothèque Royale de Belgique). Ils rejoignent ainsi les collections destinées à préserver durablement le patrimoine éditorial belge.

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